credits : Renardt

Salaryman, acteur actif de la Drum & Bass basé à Lyon, nous ouvre ses portes, ses envies lors de la « My Mum Plays Drum&Bass » fin Mars dernier.

Interview

Vous y êtes !* : Salut Salaryman, merci d’avoir accepté de te dévoiler pour les lecteurs de V!*. Artiste phare de la Drum & Bass à Lyon, ça commence à faire quelques années que tu t’investis dans le milieu, tu peux nous en dire plus sur ton parcours ? Qu’est-ce qui t’a amené vers la Drum ?

J’ai été assez tôt plongé dans la culture Electronique, à commencer par l’Eurodance dans les années 90. Bien sûr, je savais que tout ça était commercial mais j’étais ado et ça ne me dérangeait pas trop. Puis la migration vers d’autres genres électroniques s’est faite dans la foulée avec la découverte de Prodigy, Chemical Brothers, Fatboy Slim, Underworld… Continuant à fouiller, je suis forcément tombé sur la Drum & Bass et dès la première écoute… je n’ai pas aimé ! Mais il me semblait qu’il y avait quelque chose de particulier là-dedans et qu’il ne fallait pas s’arrêter à ce premier jugement. Et voilà, maintenant ça fait plus de 10 ans que j’écoute de la Drum & Bass et je ne regrette pas du tout avoir fourré mon nez là-dedans !


V!* : Ce que j’apprécie dans ton univers musical, c’est ta façon subtile de mélanger une atmosphère envoutante avec des passages très énergiques. Un coté sombre avec des mélodies qui t’amènent à voyager. Éclaire-nous sur tes influences…

Hihi, merci, c’est un peu ce que j’essaie de faire. J’aime effectivement bien les ambiances sombres type Trip Hop des années 90, lui même inspiré d’influences diverses, du jazz années 30 à la bande son de polars des années 70. Mais j’aime aussi le côté « fêtard » qu’apporte la Dance Music, comme une invitation à user ses baskets sur le dancefloor, sans forcément être consensuel. J’essaie donc de faire les deux. Ce qui est assez amusant, c’est qu’en réécoutant certains de mes morceaux après plusieurs mois, il y a des influences qui sautent aux oreilles alors que je ne les suspectais pas tant que ça, comme la Trance, le Jazz, la Soul…

[superquote]Je suis forcément tombé sur la Drum & Bass et dès la première écoute… je n’ai pas aimé ! [/superquote]



V!* : 2013 commence sur les chapeaux de roues, j’ai compté pas moins de 13 tracks sorties depuis le debut d’année, tu dois en passer des heures en studio ! Tu travailles sur quel logiciel ? Nous dévoilerais-tu quelques secrets sur tes méthodes de production ? Analogique ou numérique ?

C’est vrai que ces derniers mois ont été assez productifs ! Je bosses sur FL Studio, plus connu sous le nom de Fruity Loops (qui n’est plus un logiciel amateur depuis 2003, contrairement à ce que la plupart des gens pensent !). Je suis clairement un enfant du numérique, j’ai toujours produit sur ordinateur, je n’utilise même pas de clavier midi pour faire mes mélodies ! Juste du clavier/souris et j’en demande pas plus ! Je dévoilerais avec plaisir quelques secrets de productions mais j’ai peur de remplir toutes les pages de V!*. Plus sérieusement, j’ai déjà écrit 2 articles à ce sujet pour Bass Music Magazine (d’autres devraient suivre), je vous invite donc à les lire! Ah et aussi, je donne maintenant des cours donc n’hésitez pas à me contacter!



V!* : Des projets de collaborations avec d’autre artistes en vue ?

J’ai déjà eu pas mal de collabs ces derniers temps, notamment avec le brésilien Duoscience avec qui ça s’est très bien passé (on a fait 2 morceaux en moins de 5 jours !) sans oublier Release de Manchester, Seereal de Paris et mon compère lyonnais Static State avec qui je n’en suis pas à ma première ! Je compte bien collaborer de nouveau avec tout ces joyeux drilles et je travaille également en ce moment avec le russe Nelver.



V!* : Je pense que tu dois avoir pas mal d’opportunité dans d’autre villes que Lyon, notamment de l’autre côté de la Manche, pourquoi Lyon ? Que penses-tu de la scène Lyonnaise ?

En réalité, je suis resté à Lyon car jusqu’en 2011, je travaillais dans l’événementiel et ça aurait été un suicide professionnel de changer de ville. Toutefois, je te cache pas qu’après avoir quitté ce boulot, j’ai clairement pensé à partir. Bien sûr, Londres s’est imposé dans ma tête d’autant que j’étais déjà allé près de 10 fois là-bas et que c’est une ville que j’apprécie. Mais y passer un weekend, c’est autre chose qu’y passer une année !
En fait plusieurs connaissances résidant là-bas m’ont déconseillé d’y poursuivre ma carrière car, étant donné le prix des loyers et le niveau de vie, j’aurais peut être eu plus de dates mais moins bien payées, donc ce qu’il m’attendait c’était de faire la plonge dans le premier resto du coin tout en espérant avoir suffisamment de temps pour faire de la musique ! Et aussi, j’avais gardé en tête l’histoire de Raiden que j’avais lu en 2008. Ce gars-là (au passage producteur de légende sans lequel la scène Drum & Bass ne serait pas tout à fait la même), pourtant londonien d’origine, est parti s’exiler en Estonie car excédée de la superficialité et du non-professionnalisme de la scène londonienne. J’avoue que je préfère rester à Lyon et ne pas devenir dégouté de Londres, quitte à ne m’y rendre que peu fréquemment ! Et puis de nos jours, nul besoin de vivre en Angleterre pour percer. Les Drum & Bass Awards le prouvent, rien que ces 2 dernières années, on peut compter pléthore d’artistes non-britanniques (Noisia, Camo & Krooked, Netsky, S.P.Y., Xilent …), donc je vais rester ici encore quelques années !

[superquote]J’ai eu l’occasion de jouer à la prison de Perrache[/superquote]


V!* : Comment vois-tu l’avenir de la Drum & Bass ?

Ni mal ni bien ! Disons que ce mouvement existe maintenant depuis près de 20 ans, et ce sans avoir jamais véritablement été mis sous les feux des projecteurs. Donc ce qui est sûr c’est qu’il subsiste grâce à de véritables passionnées qui ne sont pas tombés là par hasard (des diggers comme on appelle ça de nos jours). Donc je vois mal comment ce genre pourrait être délaissé du jour au lendemain. Après, ce genre aura-t-il droit aux louanges du grand public un jour ? J’avoue en douter. Mais si tu m’avais interrogé à propos de l’avenir du Dubstep en 2008, je t’aurais dit qu’il resterait limité au même titre que la Drum & Bass, alors que de nos jours, on en trouve dans n’importe quelle pub de voiture. Donc on verra bien ! L’année dernière de l’autre côté de la Manche, c’est la première fois qu’un titre Drum & Bass s’est hissé à la première place des charts. Pas sûr que ça en soit de même en France un jour, mais je suis plus à une surprise près !



V!* : Ton meilleur souvenir Scénique ?

En fait une fois j’ai eu l’occasion de jouer à la prison de Perrache (quand elle existait encore). C’était vraiment spécial de jouer en pleine aprem devant une trentaine de détenus qui ne pouvaient pas bouger d’un doigt. D’ailleurs, avec le pote avec lequel je jouais, on était sûr d’avoir fait de la merde! Mais au contraire, après on a pu parler aux détenus, ils étaient trop content, c’était comme si on leur apportait un peu d’air de l’extérieur! Clairement, je m’en rappellerai toute ma vie!!



V!* : Quelques tracks dont tu ne te lasses pas d’écouter ?

Punaise, oui comme toute le monde ! Par contre je vais éviter de toutes les citer ! Allez, ce qu’il me vient en tête c’est « Setting Sun » des Chemical Brothers, « The Sun » de Schock One & Phetsta et « Morning Light » de Concord Dawn.



V!* : Une autre que tu aimerais faire découvrir à nos lecteurs ?

Ouais, toutes mes tracks!! C’est possible ??? Héhé…

V!* : Merci Salary pour cette introduction plus que complète à ton univers. X

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Salaryman : Facebook Soundcloud Beatport

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