Après la caisse du jeudi, une autre mine s’annonce, j’ai beau creuser je n’ai pas encore touché le fond de la vie étudiante. Les Djinns qui m’emportent dans leur farandole fantasque ne me ressemblent pas, j’ai besoin d’eux pour voir ma sale gueule dans les salles sans miroir du Triplex. J’essaie d’imaginer une vie sans eux, sans succès; là où je suis, la fête règle tout ou presque, on trouve des applications très concrètes aux cours de MIL (gestion de stocks, les astronautes en savent peut-être quelque chose). Tout ce petit monde vit en circuit fermé, mais qui aurait envie d’en sortir ? Tout ce petit monde se connaît, s’apprécie, se choppe, se baise et gueule pour un oui ou un non. Mais de temps en temps je n’ai simplement pas le choix, la pause (ta **** sur mon épaule) réclame son quart d’heure de gloire.
Une pop up en bas de ma page Facebook (je n’ose pas encore appeler ça un ami, il le prendrait mal) donne des signes de dégoût quant à la propreté de l’eau dans laquelle je nage. Une autre gigote bizarrement comme une carpe qui ne se laisserait pas ferrer. Une troisième se contemple à travers moi; je suis bien certain qu’elle ment, je voudrais le dire, mais le courage manque après 3 heures de maths. Elles ont toutes raison et tort, et quand Paysage d’Hiver démarre sur youtube à 2 du mat, j’ai peur de manquer de couvertures.

Paysage d’Hiver – Aether

J’ai envie de demander pardon pour l’entrée en matière; je n’aime pas vraiment m’épancher publiquement. Il me manque une soupape, peut-être une case, j’ai juste oublié comment l’ouvrir en ce moment. Disons plutôt qu’il m’est défendu de la fréquenter pour l’instant. Ma soupape s’appelle Rex, Martin, Boris, Nina, Greg, Social, Roux, Carine, Ableton ou Mk2. D’ailleurs elle ne s’appelle pas, elle vient à moi, elle est fidèle au rendez-vous et ne me déçoit jamais. J’ai de la chance hein ?
Le rythme de ma vie se cale doucement mais sûrement sur un beat collant et langoureux, comme ceux que Gui Boratto cultive avec émoi dans ce qu’on se qu’on se plaît à imaginer être un terrain de jeu géant pour geeks. « Telecaster », tiré de son dernier EP Azurra (Kompakt 209) fait suite au non moins beau Notations d’il y a quelques mois. Délicatesse et roughness n’ont j’amais fait aussi beau ménage en ce début d’année que sur ces 5 minutes pacifiantes. Ces ambiances saturées d’émotions donnent un aller simple vers une bulle loin de l’agitation, où l’on se sent bien, gemütlich comme dit Gisella, ma prof d’allemand à l’oeil si pétillant.

Gui Boratto – Telecaster (Original Mix)

En parlant de rythmes collants et de langueur latine, la bonne surprise du mois en ce qui me concerne date de 2000 et est signée Kevin Johnson. Sorti sur DNH Records, son EP Cheeky Fellow m’a été présenté très fortuitement sur une session Ustream par Arnaud d’Input Selector, qui fouillait soit disant dans le bac de son frère. Quelle famille. Le track n’a rien d’exceptionnel jusqu’à la 3ème minute, entre deep house paresseuse et groove latins justement, jusqu’à ce que sans crier gare du tout, un sample de cuivres débarque (sûrement hyper saigné, je demanderais à Dabo de fouiller ses vinyles de Senor Coconut à son retour de la grosse pomme), pas pour longtemps, mais suffisamment pour faire basculer un DJ set du côté lumineux de l’orgie. La Roquette a tout de suite accroché à ce côté apolinien. Ca commence à me suffire pour dire qu’un titre est bon ou non.

Kevin Johnson – Visages

Et tiens, parce qu’on parle de samples (« Ah ouaip, les Daft Punk c’est rien que des gros copieurs d’abord« ), mes oreilles sont tombées sur 3 morceaux qui montrent à quel point tout est affaire d’interprétation.

L’originale : Bob James – Spunky (à 2:07 ? ça ne dit rien à personne ?)
La version canal historique : Moodymann – Shades of Jae (d’après Bucci, yaurait aussi du Marvin Gaye, ça ne m’étonnerait pas pour deux sous)
La version moderne : DJ Sneak – Get da Ho (pas besoin de vous rappeler qui c’est quand même ?)
Entendu mille fois depuis sa sortie, ce track de Gaiser se permet encore de venir me chatouiller l’estomac avec cet espèce de beat autoroutier qui prend la départementale au bout d’un moment. La ligne de basse, déjà folle à la base, se met à vibrer d’une vie propre, cahote, siffle, on dirait un rossignol dans le train avant d’une caisse du 4L trophy.

Gaiser – Oolooloo

L’envie de m’oublier encore une fois dans les bras de Paris m’as repris, mais j’ai laissé mon souffle dans le rythme poisseux de ses nuits. Ce soir, qui sait ce qu’elle fait loin de moi, son odeur colle de toute façon à la mienne, aucun calcaire ne peux décaper ça.
PS : mon petit doigt me dit que ce soir c’est la première heure de gloire de nos amis les Get Pissed, on leur en souhaite de nombreuses à l’avenir. Montrez leur un peu d’amour ici, ici et . Ils préparereraient une sortie sur Dement3d, avec le soutien de François X, et sont en chemin pour un live londonien dans le mois d’avril, si mes souvenirs sont bons.

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